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Driss Aït Youssef – La sécurité pour tous et partout

C’est en ces termes qu’il convient d’amorcer une nouvelle politique publique de sécurité. Cette dynamique doit nécessairement prendre la forme d’une réappropriation de l’espace public avec la nécessité absolue de renforcer les services publics de sécurité.

D’abord, la situation économique et sociale de la France bascule chaque année plusieurs milliers de personnes dans la précarité. Les français principalement les jeunes sont concernés. Ainsi, il se marginalisent et sombrent progressivement dans une délinquance très violente dont ils seront souvent les premières victimes.

Ensuite, le système éducatif français subit les effets désastreux d’une politique absurde de réductions des effectifs pourtant essentielle dans la définition d’un projet de vie basé sur le respect et le vivre ensemble.

Enfin, la présence de l’État dans les quartiers populaires s’est considérablement réduite à la faveur d’un redéploiement des effectifs de sécurité publique vers d’autres villes moins criminogènes.

Ces manquements ont généré, ces derniers mois, une augmentation de la délinquance partout en France.

Ce constat a fait émerger une mobilisation massive d’élus soucieux de rappeler le Gouvernement à ses responsabilités s’agissant notamment de la protection des biens et les personnes.

La délinquance, elle, a évolué ces dernières années, elle apparaît de plus en plus jeune et surtout plus violente. L’action des collectivités doit s’adapter à cette mutation qui est principalement la conséquence d’une société en délicatesse avec ses repères et ses valeurs.

Il est donc impératif de proposer un nouveau pacte aux français basé sur un triptyque intitulé prévention-répression-réinsertion.

La prévention est une priorité car elle rend difficile le passage à l’acte.

Les collectivités conjointement avec l’État doivent pouvoir détecter les jeunes en situation de basculer vers la délinquance. Ils doivent par conséquent retravailler par tous les moyens leur place au sein d’un système éducatif à bout de souffle.

Cette action semble indispensable pour proposer aux jeunes un suivi individualisé en mettant au centre de cet accompagnement les parents afin de les mettre en situation de responsabilité.

Parallèlement, des interventions de professionnels semblent nécessaires afin de sensibiliser les trafiquants et consommateurs sur les risques en matière pénal et de santé.

La répression lorsqu’elle est efficace est une bonne prévention :

L’absence de moyen de la police nationale est manifestement une cause réelle de la montée de la délinquance. Ainsi, il apparaît, aujourd’hui, indispensable de donner plus de moyens en s’appuyant sur de nouveaux outils comme le développement d’un système de vidéoprotection capable de soutenir l’action des services de police dans leur lutte contre les réseaux de trafiquants et de délinquants.

Ce déploiement de moyens doit s’accompagner d’une présence policière plus importante capable de donner une réponse immédiate aux actes de délinquance.

Enfin, la justice doit davantage sévir afin de sanctionner et d’éloigner durablement les délinquants.

Une sortie positive de la délinquance est une sortie vers un vrai projet professionnel :

La réinsertion doit demeurer au cœur des préoccupations de l’État. Il faut considérer l’enfermement comme un échec et l’insertion professionnelle comme une réussite pour un délinquant. Un individu ayant fait l’objet d’une condamnation et ayant émis le souhait de s‘insérer dans la société doit pouvoir compter sur le soutien de l’État.