J’y dresse un bilan nuancé du Parquet national anticriminalité organisée (PNACO) : de vrais résultats, mais aussi des incohérences qui méritent d’être pointées.
L’une d’elles est particulièrement révélatrice : les juges de la JIRS de Marseille ont saisi la chambre criminelle de la Cour de cassation pour contester le dessaisissement d’une affaire impliquant la DZ Mafia au profit du PNACO. Un bras de fer institutionnel qui, même s’il remonte à l’époque de la JUNALCO (l’ancêtre du PNACO), illustre des frictions persistantes que le législateur doit impérativement résoudre.
Sur le terrain, le constat est tout aussi préoccupant : des déficits de coordination qui peuvent nuire à la qualité des enquêtes.
Ces tensions sont d’abord le reflet d’une réalité : la montée en puissance fulgurante des organisations criminelles, qui disposent de moyens humains et financiers considérables, contraint l’État à adapter en permanence sa réponse institutionnelle.
Le défi est clair, s’adapter vite, mobiliser massivement, et démanteler des organisations qui ont aujourd’hui les ressources nécessaires pour défier la puissance publique.