Colloque international — Sécurité en Afrique | 18 juin 2026
J’ai eu l’honneur d’intervenir, cette semaine, sur les grands défis sécuritaires du continent africain, avec le Maroc comme point d’appui analytique central.
Quelques constats qui s’imposent avec force :
Le Sahel concentre désormais plus de 50 % des décès liés au terrorisme dans le monde. Le JNIM seul a été impliqué dans 16 023 incidents violents depuis 2017, causant près de 40 000 morts.
Le front se déplace. Le nord du Bénin a enregistré en 2025 une hausse de 86 % des attaques djihadistes et de 262 % du nombre de morts en un an. Les pays côtiers — Togo, Ghana, Côte d’Ivoire — ne sont plus en périphérie de la crise : ils en sont le nouveau front.
Le dérèglement climatique n’est pas une menace future. C’est un catalyseur de conflits actif : compétition pour les ressources en eau, déplacements de populations, vide sécuritaire comblé par les groupes armés.
Les réponses purement militaires ont montré leurs limites. Quand les budgets de défense augmentent et que les dépenses d’éducation, de santé et de justice stagnent, l’insécurité s’aggrave mécaniquement.
Dans ce contexte de recomposition profonde, le Maroc s’est imposé comme un architecte de stabilité africaine — non par le discours, mais par des résultats opérationnels documentés :
Médiation décisive pour la libération des 4 agents de la DGSE détenus au Burkina Faso (décembre 2024)
73 640 tentatives d’immigration irrégulière déjouées en 2025, 300+ réseaux de passeurs démantelés
Formation de 800+ imams africains à l’Institut Mohammed VI — contre-modèle structurel au salafisme djihadiste
Initiative Atlantique au profit des États sahéliens enclavés — articuler développement et sécurité
La coopération sécuritaire multidirectionnelle — capacité à parler simultanément à tous les acteurs sans s’enfermer dans un alignement exclusif — est aujourd’hui la seule réponse adaptée à des menaces structurellement transnationales.
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