Affaire Lyhanna : l’échec silencieux de nos infrastructures numériques
Dans ma tribune publiée aujourd’hui dans L’Express, je reviens sur ce que révèle l’affaire Lyhanna : derrière le drame, c’est la fragilité de la chaîne pénale numérique qui se donne à voir.
On parle volontiers de moyens humains, de lois nouvelles, de fermeté. On oublie l’essentiel. Sans infrastructures numériques fiables, partagées et interopérables, la justice et les forces de sécurité avancent à l’aveugle. L’information existe, mais elle ne circule pas. Les systèmes coexistent sans se parler. Les ruptures se logent dans les interstices, là où aucune caméra ne filme et où aucune responsabilité ne se désigne.
Le rapport interministériel (IGJ/IGGN) le confirme : la défaillance n’est pas seulement individuelle, elle est systémique. Elle tient à des outils conçus en silos, à une Procédure Pénale Numérique encore inaboutie, à une culture où la donnée n’est pas pensée comme une infrastructure de sécurité à part entière.
L’enjeu dépasse une affaire. Tant que nous ne traiterons pas le numérique judiciaire comme une infrastructure critique — au même titre que l’énergie ou les transports — nous continuerons à constater les échecs après coup, sans jamais les prévenir.
Ministère de l’Intérieur Ministère de la Justice
À lire dans L’Express : 👇