Émeutes du 17 octobre : la République tient. Mais il faudra comprendre ce qui a failli.
Dans une interview pour Atlantico, j’ai répondu aux questions sur un possible risque de perte de contrôle de certains territoires. Mon analyse, après près de vingt-cinq ans passés sur ces sujets :
🔹 La puissance publique est résiliente. Elle a été dépassée le 17 octobre, mais sur la délinquance ou le narcotrafic, les résultats sont très encourageants. Les Gilets jaunes avaient déjà connu des violences importantes. La République a tenu.
🔹 Grenades lacrymogènes : deux situations à distinguer. N’en avoir pas emporté assez sur le terrain est une erreur d’appréciation. En manquer dans les réserves serait une défaillance bien plus grave. Or plus de 3 000 grenades ont été tirées le samedi et plusieurs centaines le lendemain, difficile donc de dire qu’il y a une pénurie.
🔹 Tout est affaire de renseignement et d’anticipation. Le dispositif est dimensionné à la menace connue. Si des défaillances ont eu lieu, la commission d’enquête devra dire si elles viennent du renseignement ou de l’appréciation de la menace.
🔹 Tolérance zéro pour ceux qui viennent casser, pas manifester. Rassemblement non déclaré : sommations, puis interpellations et suites judiciaires. Plus facile à dire qu’à faire face à une cinquantaine d’individus armés ou munis d’objets pouvant l’être par destination, mais c’est la condition de la crédibilité de l’État.
Le dialogue doit avoir lieu là où il est nécessaire. La violence, elle, doit être réprimée.
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