Policiers et gendarmes face à la convergence des colères
Invité de « La Matinale » de franceinfo le 16 octobre, la veille d’une mobilisation nationale, j’ai rappelé quelques points essentiels.
🔹 Une mobilisation sous tension. Alliance a déposé plainte pour « mise en danger de la vie d’autrui » lors des manifestations lycéennes. Les policiers pourraient-ils « lever le pied » ? Ce n’est pas la philosophie des policiers et des gendarmes, eux aussi mobilisés demain. Ils assumeront leur mission avec responsabilité et professionnalisme.
🔹 Les policiers n’échappent pas à la convergence des crises. Ils sont eux-mêmes dans une logique de revendications sur le pouvoir d’achat. Des promesses ont été faites par les ministres de l’Intérieur successifs, notamment l’augmentation de l’indemnité de sujétion spéciale de police (ISSP) pour les policiers de terrain. Elles n’ont pas été respectées, et ils réclament l’application du protocole signé à l’époque par Gérald Darmanin.
🔹 Maintien de l’ordre : de quoi parle-t-on ? Quand une manifestation se déroule bien, la police administrative est là pour l’accompagner. Mais face aux violences urbaines, aux jets de pavés et de mortiers d’artifice, on n’est plus en manifestation : c’est la répression qui doit s’appliquer.
🔹 La question de la mesure. Environ 935 policiers ont été blessés. 36 enquêtes ont été ouvertes par l’IGPN, dont 4 pour des blessures mutilantes. Face à de très jeunes manifestants, agir avec mesure est difficile, mais c’est indispensable. Il appartiendra à l’IGPN et au Parquet de faire la lumière sur les faits présumés.