17 octobre : ce n’est pas la doctrine du maintien de l’ordre qui a failli, c’est la faiblesse du dispositif de détection et de réaction.
Dans Atlantico, j’ai analysé la journée d’hier. Mon constat est celui un changement d’échelle, et surtout un changement de temporalité.
D’ordinaire, les casseurs interviennent en marge des cortèges, souvent en fin de manifestation.
Hier, à Paris comme à Marseille, des centaines d’individus sont venus pour casser dès le début de la mobilisation. Ils ont multiplié les points de fixation, avec des profils différents : militants d’ultragauche utilisant les techniques du Black Bloc, casseurs opportunistes, jeunes venus des quartiers. Ces acteurs n’ont pas forcément les mêmes objectifs, mais ils convergent sur les mêmes affrontements.
Un dispositif dimensionné pour un cortège, pas pour des violences dispersées. Environ 5 000 policiers et gendarmes étaient mobilisés pour encadrer un cortège de 110 000 personnes, ce qui pouvait paraître suffisant. Mais face à la dispersion des violences, il y a eu un manque d’effectifs qu’il faudra analyser dans un retour d’expérience (évaluation des risques, renseignement, adaptation en cours de journée).
La réponse existe. Il faut distinguer police administrative (encadrer, protéger) et police judiciaire (interpeller). Cela suppose des unités d’interpellation correctement dimensionnées, du renseignement précis, et d’intervenir dès les appels à attroupements non autorisés, sans attendre que les violences commencent. Côté justice, la difficulté est la preuve : les Black Blocs connaissent le droit et s’organisent pour qu’il soit difficile d’identifier qui a fait quoi.
La violence ne se légitime pas, quelles que soient les revendications, et il revient aussi aux organisations politiques de la condamner clairement.
La puissance publique a les moyens d’y mettre un terme. Elle doit le faire pour maintenir un État de droit intact.
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Mon interview dans Atlantico
Dans Atlantico, j’ai analysé la journée d’hier. Mon constat est celui un changement d’échelle, et surtout un changement de temporalité.
D’ordinaire, les casseurs interviennent en marge des cortèges, souvent en fin de manifestation.