Tendances terroristes au Moyen-Orient

Depuis quelques temps deux tendances terroristes s’affrontent au Moyen-Orient.

D’abord celle d’Al QAIDA, en perte de vitesse dans la région. Cette organisation préconise le Djihad contre les occidentaux. Cette structure terroriste même si elle poursuit son développement en Afrique connaît des difficultés structurelles depuis la mort de son dirigeant Oussama Ben Laden. Dans le même temps, les opérations menées par Le Joint Special Operations Command (JSOC) américain au Pakistan et dans la zone tribale du Waziristân ont considérablement affaibli cette organisation.

Ensuite, celle de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) dirigé par Abou Bakr Al-Baghdadi à la tête d’une dizaine de millier d’hommes. Cette organisation dont l’objectif est la mise en place d’un État islamique au moyen orient monte en puissance. Elle n’accorde pour le moment que très peu d’intérêts à l’occident. Sa dernière démonstration de force sa conquête irakienne montre sa capacité à déstabiliser toute une région.

Le 25 mai dernier, un terroriste est entré au musée juif de Bruxelles armée d’un fusil d’assaut de type Kalachnikov à crosse rétractable, d’un pistolet 38 spécial et de plusieurs munitions de calibre 7,62. Le bilan est lourd, quatre personnes assassinées. Parmi les victimes figure une française. Cet attentat nous rappelle avec tristesse et consternation l’affaire Mérah.

Un individu présumé auteur de cette tuerie a été arrêté par des douaniers lors d’un contrôle à la gare de Marseille Saint-Charles. Les effets personnels retrouvés sur l’individu laissent peu de doute sur sa culpabilité. Des questions subsistent encore sur la nature du contrôle. Relève t’il d’un contrôle fortuit ou d’une interpellation programmée ?

Une chose est certaine, c’est que le terroriste a bénéficié d’un soutien en Belgique pour la fourniture des armes ayant servi à l’attentat. Ainsi ces candidats aux massacres n’ont plus besoin de commettre des crimes ou délits pour financer leurs actes. Le financement vient, principalement, des organisations terroristes qui disposent, aujourd’hui, de moyen financier très important.

En tout état de cause, il faut se féliciter de cette arrestation qui aura permis d’éviter probablement d’autres actes terroristes en France.

Il paraît utile d’indiquer, la capacité de ces « loups solitaires » à se déplacer et choisir des cibles en fonction des opportunités. Il n’y a, aujourd’hui, aucune communication et aucune organisation entre les terroristes afin d’éviter les risques de détection. En effet, les nouveaux modes opératoires permettent aux apprentis terroristes passés hier en Afghanistan et aujourd’hui en Syrie d’intégrer une structure en vue d’y acquérir un apprentissage et par la même occasion des consignes.

Ces nouveaux djihadistes sont, alors, pris en charge par un correspondant terroriste qui livre armes et argents en vue d’accomplir des crimes. Cela rompt avec la tradition de la cellule organisée sur le territoire (attentas de 1995).

Le nouveau modus operandi doit permettre aux services français de mieux organiser leurs actions avec la prise en compte du renseignement comme source de prévention. Seulement, le renseignement ne peut pas prendre la forme uniquement d’interception électronique. Il doit être également humain. Le français candidat au djihad est plus facilement détectable par son professeur que par internet.

En matière de prévention, l’enfermement ne constitue pas non plus la solution et ne fait que renforcer la conviction du candidat dans sa haine à l’égard de l’occident et par la même occasion de son pays. Il paraît dès lors indispensable de mieux traiter ces individus souvent en mal être et à la recherche d’un projet de vie.

Parallèlement, l’Europe doit travailler autrement avec un meilleur partage de l’information et une harmonisation de sa législation antiterroriste. En effet, l’auteur présumé de l’attentat de Bruxelles est arrivé le 18 mars en Europe par l’Allemagne. Les services français ont, alors, tenté de le repérer mais sans succès.

En matière de répression enfin, il paraît extrêmement difficile de suivre tous ces djihadistes qui rentrent de plus en plus nombreux en France. L’emprisonnement reste de loin la meilleure action de prévention face à l’attentat. Néanmoins, elle comporte ses limites car elle favorise la propagation des idées terroristes dans un univers carcérale ou la surpopulation n’aide pas l’administration à préparer le détenu à sa réinsertion. Le regroupement des détenus djihadistes faute de moyen reste la pire des solutions.

Il appartient, par voie de conséquence, au politique de définir un vraie politique européenne en matière de lutte contre le terrorisme.

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