La loi incomplète sur le renseignement

Dimanche 16 avril matin, un jeune individu est secouru par le SAMU pour des blessures par balles. Les policiers appelés sur les lieux découvrent dans le véhicule du blessé un arsenal de guerre. La victime devient alors suspect et placé en garde à vue. Les premières informations font état d’un acte terroriste manqué de très peu puisque les cibles étaient une ou plusieurs églises.

Cet acte terroriste manqué nous rappelle tristement les tuerie de mars 2012 et plus récemment encore les attentats de janvier 2015.  Les éléments à la disposition des policiers montrent des connexions avec un contact syrien probablement le commanditaire. Ce constat fait écho à l’intervention du Président syrien Bachar Al-Assad sur France 2 dimanche dernier au cours de laquelle, il appelait la France à changer de politique étrangère. Étrange coïncidence.

Les services de renseignements devront répondre rapidement à plusieurs questions :

  1. Comment s’est il procuré autant d’armes entre son interrogatoire à la DGSI en 2014-2015 et aujourd’hui ?
  2. Existent-ils un réseau structuré de fourniture d’armes et de matériels (brassard police, gilet tactique, gilet par balles…) ?
  3. Existe-il une cellule de planification d’attentats en Syrie ou ailleurs (Il est rappelé que plusieurs chrétiens ont été assassinés ces dernières semaines en Afrique et au Proche-Orient) ?
  4. Y-a t-il d’autres attentas de planifié ?

Ces quelques questions ne masquent pas les faiblesses de nos services de renseignement à focaliser leur attention sur un ou plusieurs individus. Il n’est pas ici question de juger l’action de nos forces de sécurité dont l’efficacité est reconnu. Il s’agit avant tout d’évoquer l’éternel problème des effectifs. La loi sur le renseignement actuellement en débat au Parlement si elle propose des innovations en matière de renseignement se heurtera au même problème que la surveillance humaine. En effet, cette loi propose de colleter une masse d’informations importante. Ces données une fois collectées seront traitées par un algorithme qui devra en extraire la substantifique moelle sur la base d’un calibrage du logiciel. Seulement et comme pour nos voisins outre-Atlantique qui ont déjà recours à un système similaire, il faut du personnel qualifié pour analyser ces données et le cas échéant déclencher des opérations de sécurité.

En définitif, cette loi qui est une loi d’exception afin de combler le retard du droit sur la technologie risque d’être contre-productive eu égard aux nombreuses informations collectées et le peu de moyens humains pour exploiter ces données.

Pour conclure, une politique de lutte contre le terrorisme doit être globale. Elle doit être déployée sur plusieurs axes comme la lutte contre l’exclusion, le décrochage scolaire, l’univers carcéral, la politique étrangère et la lutte contre le trafic d’armes en passant par le blanchiment.

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